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Titre : Smyrne
Ecriture & Réalisation : Georges Lebon
Compositeur : Jeremie Deplanque
Durée : 15min23
Distribution : R&L Prod
Production: Janvier, Février et Mars 2009
Acteurs : Jeremie Deplanque, Fanny Blondeau, Amandine Alexandre, Georges Lebon, Alexandre Duytshe, Fabian Lossa et Nicolas Lebon.
Genre : Drame Fantastique
Ce qu'il faut savoir avant le visionnage Après trois mois de travail Smyrne va enfin pouvoir prendre vie. Vous avez été nombreux à me demander de quoi le film parlerai, qui était "Smyrne" et pourquoi le choix de ce titre. Voici la réponse :
Smyrne est un personnage fictif que j'ai crée en m'inspirant de la bible (Cf L'Apocalypse 2 8-23). J'en ai fait un personnage qui test les hommes (et plus généralement les jeunes dans le film) en leur faisant affronter leurs souvenirs dans une sorte de purgatoire (Symbole de la souffrance intérieur). Il ne faut pas se leurrer, nous avons tous des regrets ou des remords face au souvenir, et c'est parce que Smyrne nous les remontrent que nous souffrons d'autant plus. Comment réagissons nous face au souvenir ? Ceci et la trame de notre histoire.
Nous vous conseillons de visionner le film jusqu'à la dernière seconde...
Critiques Contrairement à la représentation théâtrale, dont on peut modifier la durée ou le rythme, mais qui se déroule inexorablement, le film permet, par le jeu du montage, d'incessants retours en arrière ou des avancées fulgurantes dans le temps. Propice à l'exploration de la mémoire, à l'expression des obsessions, le cinéma peut ainsi se dire, paradoxalement, art de la répétition. C'est de cette caractéristique que le jeune réalisateur Georges Lebon a fait son miel dans ce nouveau film intitulé Smyrne, qui fait suite à d'autres tentatives mais répond à une tout autre ambition.
Smyrne, comme l'explique l'auteur, est un personnage fictif inspiré de l'Apocalypse, un personnage qui se comporte comme un justicier et jette les malheureux mortels au pied de leurs souvenirs et de leurs remords.
Comme la meilleure littérature fantastique, Smyrne s'ancre dans le réel pour en exprimer l'étrangeté. Le réel, ici, c'est un groupe d'adolescents qui suit tant bien que mal les cours du lycée, certains d'entre eux ayant fait d'une mystérieuse pièce de théâtre l'objet de leur passion ou de leur désir. Cette pièce de théâtre n'est que l'un des enjeux de Smyrne, elle est d'ailleurs citée sans que son contenu influe sur le déroulement du film. Des amours impossibles, une agression sur un pont, etc. prennent place également dans un scénario un peu trop elliptique pour être vraiment clair. Car si le thème de l'eau (deux plans de robinet explicites) et celui du labyrinthe (il y a beaucoup de couloirs dans Smyrne) sont habilement exprimés, comme un hommage rendu à Bachelard, la narration proprement dite est moins limpide. L'atmosphère l'emporte sur les péripéties, ce qui après tout est peut-être le choix du cinéaste, qui par ailleurs fait montre d'une belle virtuosité dans le montage (succession fulgurante de plans faisant passer telle héroïne d'un monde à l'autre).
On est touché au passage de retrouver le décor du Nord de la France avec ses façades de briques, on apprécie que la musique soit utilisée avec parcimonie, au moment où sa présence se justifie, on applaudit aussi à la mise en scène proprement dite, même si certains comédiens surjouent (l'auteur de la pièce), la plus remarquable d'entre eux étant cette jeune fille aux cheveux roux-châtain qui ne pense qu'à jouer dans la pièce de théâtre. On reprochera cependant à tous ces comédiens, malgré leur aisance, de ne pas prononcer clairement les mots qu'ils ont à dire. Certes, notre époque vit la déroute du langage articulé, mais justement : le cinéma n'a pas à être réaliste, et un film fantastique de la portée de Smyrne se devrait de donner à entendre un dialogue dit avec netteté, et pourquoi pas avec artifice (en faisant les liaisons, en prononçant les e muets, etc.).
Au total, un film qui est d'une certaine manière bien plus qu'une ébauche, ne fût-ce que par sa maîtrise technique et son sens du cadrage, mais qui gagnerait à être interprété d'une manière plus soignée. Sans doute alors de son séduisant hermétisme jaillirait la lumière de la narration.
Christian Wasselin________________________________________________________________________
Voilà un film étonnant de maturité.
On est loin des clichés tant redoutés d'un film de lycéens, ce que peut pourtant laisser craindre les quelques plans d'introduction.
D'abord, tu ne tombes pas dans le piège qui te ferait jouer des flics ou des mafieux par des ados de 17 ans, par exemple. Tu inscris ton histoire dans ton univers, celui du lycée, celui des adolescents
Ensuite, tout est très bien maîtrisé (ormis quelques détails, notamment dans le son, mais cela reste au final des détails) : les plans sont originaux, tu n'hésites pas à utiliser la plongée et la contre-plongée, le mouvement de caméra, mais sans excès et toujours motivés par ton discours. Tu alternes plans larges et plans de détail, mais là aussi sans tomber dans le piège de l'excès de courtes
focales. Le travelling de la mobylette est propre.
La musique n'est pas omniprésente et sert la encore ton propos sans servir de cache-misère.
Le suspense est bien maîtrisé, le système de flashs-backs bien pensé, la déstructuration du récit, subtil, nous donne des éléments petit à petit.
Enfin les acteurs sont dans l'ensemble convaincants. Ne s'agit-il pas d'un club théâtre ?
Tout cela est très mûr, bravo ! Et surtout... continue !
GiLd